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Parents en situation de handicap et enfant adopté, le duo compatible


Pour les personnes en situation de handicap l’adoption est plus difficile, mais pas impossible. En 2013 après de longues démarches, Jennifer Bondon a accueilli en Charente, Théo, son fils adoptif né à Djibouti. Désormais, elle accompagne de futurs parents dans son cas avec son association.




Son mari Cédric est valide. Elle, non. Jennifer Bondon est atteinte d’un spina bifida, une malformation congénitale de la moelle épinière qui l'oblige à être en fauteuil roulant. La maladie empêche Jennifer de marcher, mais pas d’élever son premier fils né en 2006. « Le cheminement a été long pour avoir Anthony », se souvient la maman de 44 ans. Long et également trop dangereux pour tenter d’avoir un autre enfant biologique. Un an seulement après la naissance d’Anthony, le couple se lance dans une nouvelle aventure, l’adoption.

Pour Jennifer, pas question de laisser le spina bifida et son fauteuil lui mettre des bâtons dans les roues. « Avec mon mari, nous n’avons pas réfléchit. On s’est dit : " On se lance, et on verra bien ! " », confie-t-elle en riant. Neuf mois après le début des démarches, elle et Cédric obtiennent l’agrément délivré par le service d’aide sociale à l’enfance. Première étape nécessaire, pour s’assurer des bonnes conditions d’accueil de l’enfant. « On pourrait penser qu’obtenir l’agrément serait la partie la plus difficile du processus, mais pourtant c'est ce que j’ai trouvé le plus facile ! » explique Jennifer.


Et à raison. Sur les 13 organismes de son département, la Charente, en charge des questions d’adoption, 12 refusent son dossier. « Nous partions avec deux handicaps : mon enfant biologique, et mon fauteuil », déplore-t-elle. Si en France le handicap ne pose pas de problème, à l’étranger (là où les possibilités d’adoption restent plus importantes) la situation se corse.


Le handicap, un frein dans plusieurs pays étrangers


« Avec mon mari, nous avions fait une liste des pays pour lesquels le handicap est rédhibitoire, comme en Chine », détaille la mère au foyer. Malgré toutes ces précautions, cela n’a pas empêché le couple de recevoir une lettre sans équivoque, pour refuser leur dossier déposé en Thaïlande. « Sur le courrier, il y avait écrit "Handicap : non." », se remémore-t-elle. « C’est violent, mais on sait que c’est comme ça. Il y a plus de demandes que d’enfants adoptables… Donc on sait à quoi s’attendre », analyse-t-elle.

En mars 2013, après six ans de démarches administratives, le couple reçoit finalement l’appel tant attendu : un enfant de 15 mois les attend à Djibouti. Sept mois plus tard, Jennifer et Cédric s’envolent vers l’Afrique et rencontrent là-bas Théo, leur second fils.


« Il n’avait jamais vu de fauteuil de sa vie, et pourtant quand il m’a rencontrée, il s’est assis directement sur le cale-pied », se rappelle Jennifer avec émotion. « Je me suis sentie maman tout de suite ».


Conseillère en adoption, malgré elle


À son retour, la jeune femme poste sur les réseaux sociaux une photo de famille avec ses deux fils pour annoncer l’heureuse nouvelle… La publication déclenche une avalanche de réactions. Du jour au lendemain, Jennifer joue auprès de ses connaissances en situation de handicap le rôle de conseillère en adoption. Les sollicitations se multiplient très rapidement, et autour d’elle une communauté se construit.

En 2017, Jennifer décide avec son mari de créer Parhandifféremment, une association pour accompagner les personnes en situation de handicap (moteur ou sensoriel), ou touchées par une maladie invalidante. « Les personnes en situation de handicap se posent trop de questions ! » regrette-t-elle. « Ils ont peur que les travailleurs sociaux jugent leur désir de parentalité alors qu’en réalité, ils sont contents de voir des personnes investies dans le projet, qui leur prouvent que le handicap n’est pas un frein » rassure Jennifer.


Et à raison. Sur les 13 organismes de son département, la Charente, en charge des questions d’adoption, 12 refusent son dossier. « Nous partions avec deux handicaps : mon enfant biologique, et mon fauteuil », déplore-t-elle. Si en France le handicap ne pose pas de problème, à l’étranger (là où les possibilités d’adoption restent plus importantes) la situation se corse.


Le handicap, un frein dans plusieurs pays étrangers


« Avec mon mari, nous avions fait une liste des pays pour lesquels le handicap est rédhibitoire, comme en Chine », détaille la mère au foyer. Malgré toutes ces précautions, cela n’a pas empêché le couple de recevoir une lettre sans équivoque, pour refuser leur dossier déposé en Thaïlande. « Sur le courrier, il y avait écrit "Handicap : non." », se remémore-t-elle. « C’est violent, mais on sait que c’est comme ça. Il y a plus de demandes que d’enfants adoptables… Donc on sait à quoi s’attendre », analyse-t-elle.

En mars 2013, après six ans de démarches administratives, le couple reçoit finalement l’appel tant attendu : un enfant de 15 mois les attend à Djibouti. Sept mois plus tard, Jennifer et Cédric s’envolent vers l’Afrique et rencontrent là-bas Théo, leur second fils.

« Il n’avait jamais vu de fauteuil de sa vie, et pourtant quand il m’a rencontrée, il s’est assis directement sur le cale-pied », se rappelle Jennifer avec émotion. « Je me suis sentie maman tout de suite ».


Conseillère en adoption, malgré elle


À son retour, la jeune femme poste sur les réseaux sociaux une photo de famille avec ses deux fils pour annoncer l’heureuse nouvelle… La publication déclenche une avalanche de réactions. Du jour au lendemain, Jennifer joue auprès de ses connaissances en situation de handicap le rôle de conseillère en adoption. Les sollicitations se multiplient très rapidement, et autour d’elle une communauté se construit.

En 2017, Jennifer décide avec son mari de créer Parhandifféremment, une association pour accompagner les personnes en situation de handicap (moteur ou sensoriel), ou touchées par une maladie invalidante. « Les personnes en situation de handicap se posent trop de questions ! » regrette-t-elle. « Ils ont peur que les travailleurs sociaux jugent leur désir de parentalité alors qu’en réalité, ils sont contents de voir des personnes investies dans le projet, qui leur prouvent que le handicap n’est pas un frein » rassure Jennifer.


Aujourd’hui, Jennifer a couché son expérience sur le papier, dans le livre « Avec maman, tout roule ». Un témoignage pour ses enfants… Mais aussi un cri du cœur, pour prouver aux personnes en situation de handicap qu’avec la détermination, rien n’est impossible.

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